Depuis quatre ans, la Communauté urbaine a pris résolument le virage de la proximité, afin de rapprocher l’institution des habitants.

Aujourd’hui, nous ne pouvons accepter une suppression du tribunal de Dunkerque, qui serait englouti dans le seul tribunal du Nord, à Lille ! Il ne s’agit pas d’une rumeur : le Sénat a adopté une proposition de loi en ce sens (un tribunal par département), et le gouvernement travaille sur un projet de réforme dans lequel Dunkerque serait rayé de la carte judiciaire d’ici 2022.

Un véritable non-sens pour une bonne justice, et surtout pour les habitants. On ne se rend jamais le cœur léger au tribunal, mais parce qu’on traverse des problèmes familiaux ou conjugaux, que l’on a été victime d’une agression ou d’un vol, que l’on est en litige dans un dossier… Si demain, pour défendre ses droits, il faut se rendre à Lille, cela ne fera qu’ajouter à la difficulté. On peut même craindre que certaines personnes, souvent les plus fragiles, renoncent à exercer leurs droits pour de simples raisons pratiques liées à cette distance.

La justice, pour être bien rendue, doit être humaine. On ne peut pas se satisfaire d’une justice désincarnée qui ne ferait qu’analyser les pièces administratives d’un dossier. Il nous faut donc refuser cette évolution, et les élus sont totalement au côté du barreau de Dunkerque dans ce dossier, pour préserver le tribunal ! Donnons les moyens à la justice de fonctionner, plutôt que de ne regarder son fonctionnement que par un prisme budgétaire !

La conséquence collatérale doit être comparée à la fermeture d’une grande entreprise. Avocats, greffiers, magistrats, auxiliaires de justice, ce sont plusieurs dizaines de personnes qui travaillent au tribunal de Dunkerque et qui font vivre le territoire. Le service public d’Etat a déjà trop reculé dans nos provinces : la digue judiciaire ne doit pas céder.

La justice, c’est la proximité !